Зарубежная пресса

François Baroin place quelques pierres sur la route de l’Elysée

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C’est désormais un rituel. Comme les cèpes et les marrons. Chaque année, au mois de novembre, François Baroin revient au centre du jeu politique. Quelques matinales radios, deux trois interviews dans les journaux… Il n’en fait pas trop, loin de là. Mais à côté du silence qu’il s’impose le reste de l’année, ces quelques prises de parole, dictées par la tenue du congrès de l’Association des maires de France qu’il préside, font grand bruit.

L’espoir de la droite

Mais le millésime 2019, a une tonalité différente car François Baroin, depuis quelques mois, n’est plus seulement maire de Troyes et président de l’AMF, il est devenu l’espoir de la droite. Une partie des LR compte sur lui pour incarner l’alternance en 2022. Ainsi mardi, Eric Ciotti assurait sur RTL : François Baroin «possède des qualités indéniables, incontestables. Il a une histoire politique solide, et il pourrait bien entendu être notre candidat et je le souhaite». Lui-même ne ferme aucune porte : «cette décision, elle m’appartient. C’est personnel, individuel et quoique je fasse personne ne pourra rien me reprocher», confiait-il lundi à La Dépêche.

Pour l’instant, l’ancien locataire de Bercy ne s’avance pas plus mais il sème, discrètement, toute une série de petites pierres blanches qui, le moment venu, pourraient bien tracer un chemin vers l’Élysée. Le locataire actuel s’en inquiète d’ailleurs. «C’est la seule personne à droite qui nous fait vraiment peur», assurait, récemment, un proche d’Emmanuel Macron.

Il faut dire que celui que tout le monde surnommait, il y a quelques années, Harry Potter en raison de ses lunettes rondes, a soigné sa rentrée. Tout l’été, il a planché sur un livre très politique qui, de son propre aveu, lui a pourri ses vacances. Dans «Une histoire sentimentale» qui sort cette semaine, il narre l’histoire de la République et de ses symboles en partant des territoires ; Marianne, la Marseillaise mais aussi le planning familial. François Baroin raconte, par exemple, que Marianne est née dans un village du Tarn. Ce serait à Puylaurens, à côté d’Albi, que, pour la première fois, dans une chanson nommée La Garisou de Marianno c’est-à-dire La Guérison de Marianne, le nom de Marianne a été associé à une personnification de la République.

L’ancien ministre met ainsi en avant des villes, des villages de France qui ont construit le récit national. Mais derrière les anecdotes, il affiche une conviction, qui pourrait se décliner en philosophie politique le moment venue et qu’il résume ainsi dans son ouvrage : «La nation est certes une fusion, mais qui résulte d’une addition de volontés localisées, territorialisée. Elles se subsument dans la discussion, la concertation». On voit ainsi se profiler une sorte de triptyque anti macronien : les volontés locales contre le pouvoir central, les territoires contre Paris et la concertation contre la contrainte.

François Baroin, depuis 2014 et plus fortement encore depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, porte la parole des maires et donc celle des territoires, incarnant une sorte de négatif de celui que l’on présente souvent comme le Président des villes. La droite tout entière a d’ailleurs bien compris la faille d’Emmanuel Macron et s’y est engouffrée sans peine. Gérard Lacher, à sa manière, en faisant du Sénat la caisse de résonance des revendications locales, Xavier Bertrand aussi en surjouant son rôle d’élu de province… François Baroin lui, à travers son livre mais aussi lors du Congrès de l’Association des Maires de France qui s’ouvrira le 19 novembre à Paris, va plus loin et réclame un nouvel acte de décentralisation.

«Au sommet de l’État, ça rame à l’envers»

«J’aime l’État quand il est là où on l’attend, expliquait-il lundi à La Dépêche. Quand il gère la police, la justice ou l’Education. Mais à vouloir embrasser tous les sujets, on arrive à une impasse. L’État n’a plus les moyens de tout faire». Il aimerait voir déléguer aux collectivités locales la gestion de la santé, de la culture, de l’environnement, du numérique… Mais il assure : «au sommet de l’État, ça rame à l’envers, il y a une sorte de mépris de classe» vis-à-vis des pouvoirs locaux.

Il écrit dans son ouvrage : «Transmettre de plus grandes libertés au niveau local, de nouvelles compétences est le chemin qui permettra peut-être d’éviter des revendications de nature fédérale qui ne manqueront pas de se faire jour prochainement». Tout un programme… présidentiel ? Être président, «c’est une tache immense, dissertait-il cette semaine, le président de la République doit être au bout de la rue et au bout du monde». En attendant, l’ancien ministre a décidé d’être surtout à Paris pour aider son parti. Car si personne ne lui reprochera son choix d’y aller ou pas, «on pourrait me reprocher de ne pas aider ma famille politique et de laisser progresser l’extrême droite jusqu’à arriver au pouvoir», assure-t-il. Pour le reste, à l’instar d’un Jean-Louis Borloo en son temps, l’envie sera sa principale limite.

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